AUne teahouse népalaise, c’est quoi ?
C'est le grand incontournable des grands itinéraires de trekking du Népal: les teahouses sont de petits lodges où l’on trouve tout ce qu'il faut pour tenir la cadence, c'est-à-dire de quoi manger, se laver et se reposer. C’est en grande partie grâce à elles, et surtout aux habitants qui les tiennent, que les treks népalais ont pu devenir accessibles.
Partir en autonomie complète pendant une semaine implique de transporter une tente, un réchaud, du matériel de bivouac et une bonne partie de sa nourriture. Cela n'est pas possible sans aide logistique importante. Les teahouses changent la donne: on marche la journée avec un équipement relativement léger et on ne transporte que les snacks ou un déjeuner léger.
L'équipement reste sommaire mais les teahouses sont confortables et, cumulées à la bonne fatigue de l'effort de la journée, on y dort généralement très bien !
BDeux treks, et mes premières nuits en teahouse
J’ai découvert le trekking au Népal en octobre 2024 avec le trek du Manaslu et de Mardi Himal. A cette occasion, j'ai pu passé une quinzaine de nuits en teahouse et l'expérience a été si positive que j'en ai fait le 1er guide de TrekHub. Quelques détails maintenant:
Les teahouses sont toujours structurées autour d'une grande salle commune, souvent la seule pièce réellement chauffée du lodge. C’est ici qu'on mange et qu'on rencontre les autres trekkeurs. On discute de ce qu'on a vu dans la journée, de la prochaine étape, on fait connaissance et la soirée se finit souvent en jeu de cartes.
On se recroise en général régulièrement car on marche sur le même itinéraire et un groupe dépassé le matin peut très bien se retrouver deux soirs plus tard dans la même salle commune.
Les chambres sont plus sommaires mais il y a tout ce qu'il faut pour bien dormir : en général deux lits simples avec couvertures et des cloisons fines, parfois simplement en contreplaqué. Elles protègent du vent, mais moins du bruit et elles ne sont pas chauffées ni isolées.
▶ DifficileCircuit du Manaslu
Népal
Une boucle autour du huitième sommet du monde, franchissant le Larkya La à 5 150 m à travers des vallées isolées et peu fréquentées, à la culture bouddhiste d'influence tibétaine. De la forêt humide aux paysages alpins au pied du Manaslu, le climat change tout au long de l'itinéraire.
CLa fin de journée : douche, linge et repos
Après quelques jours de marche, une petite routine s'installe. On arrive généralement à la teahouse dans l’après-midi. Après avoir posé son sac et troqué ses chaussures pour des tongs, on part prendre sa douche et laver rapidement quelques affaires avant que le soleil disparaisse.
Chaussettes et sous-vêtements sèchent relativement bien tant qu’ils restent exposés au soleil ; une fois la nuit tombée il faudra malheureusement attendre le lendemain et les exposer sur son sac pendant la marche ou la pause déjeuner.
L’eau chaude n’est pas toujours incluse et nécessite parfois un supplément car elle est en général chauffée au gaz ou quelques fois avec des panneaux solaires. À basse altitude, l'eau courante est parfois assez chaude naturellement sans besoin de la réchauffer mais plus haut, l’eau peut devenir glaciale. Mon conseil est de payer le supplément car sinon vous risquez d'attraper froid (oui ça sent le vécu).
Côté sanitaires, la plupart des teahouses ont des toilettes occidentales mais d’autres disposent de toilettes turque ou un peu des deux, avec quelques fois des salles de bain privées. Le papier toilette n’est pas systématiquement fourni, mieux vaut donc en avoir toujours un peu avec soi.
Une fois les affaires étendues, vient l’un des meilleurs moments de la journée ! On peut se détendre et passer le temps à lire, se reposer dans sa chambre, se promener dans le village ou simplement rester dehors à regarder les montagnes avant le dîner.
Si vous devez recharger votre smartphone ou autre, les prises électriques sont parfois disponibles dans les chambres dans les lodges les plus bas, mais sont plus souvent regroupées dans la salle commune. La recharge comme le Wi-Fi peuvent devenir payants ou non disponibles à mesure que l’on gagne de l’altitude.
DDal bhat et soirées autour du poêle
Les repas sont généralement pris assez tôt. Les menus se ressemblent beaucoup d’une teahouse à l’autre: nouilles, riz frit, soupes, pommes de terre, momos, œufs, pancakes… et bien sûr le dal bhat, plat national népalais. Au fil du parcours on a le temps de tester un peu tout mais on revient inlassablement à ce plat qui a même son propre dicton: 'Dal Bhat Power, 24 Hour' !
Composé de riz, d’une soupe de lentilles, de curry de légumes et de différents accompagnements, il est simple, nourrissant, végétarien et économique. Avantage non négligeable pour les gros mangeurs: c'est toujours à volonté !
Le diner suit des règles de bienséance un peu différentes de nos cultures occidentales. Les trekkers mangent d'abord et les guides s’occupent du service, apportent les plats et veillent à ce que tout se passe bien à table. Ce n’est qu’une fois le repas du groupe terminé qu’ils prennent à leur tour le temps de manger, souvent ensemble.
Tu peux proposer à ton guide de manger avec le groupe mais il va généralement poliment refuser. C'est simplement l'usage dans la culture népalaise et il ne faut donc pas y voir la volonté de garder ses distances.
Une fois le repas terminé, la soirée se poursuit dans la salle commune. On échange avec les trekkers croisés sur le sentier, on discute avec les guides et, très souvent, on joue aux cartes. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai découvert le Dhumbal, un jeu très populaire au Népal.
Après le dîner et quelques discussions, la fatigue finit généralement par prendre le dessus et on tombe rapidement dans les bras de Morphée.
Le lendemain, la teahouse reprend vie avec les premières lueurs du jour. On s’habille dans la fraîcheur matinale puis on range ses affaires et on prépare son sac avant de rejoindre la salle commune pour le petit déjeuner. Quelques minutes plus tard, chaque groupe reprend le sentier vers l’étape suivante.
EBien plus qu’un endroit où dormir
Avant de partir au Népal, je voyais surtout les teahouses comme une solution logistique : un endroit où manger et dormir sans avoir à transporter toute sa maison sur le dos.
Après deux treks, c’est pourtant devenu l’un des aspects de l’expérience que j’ai le plus apprécié et qui fait des treks au Népal une expérience unique et authentique.



