ATour d'horizon du pays
Le Népal n'est pas un pays d'une grande superficie comme ses voisins, l'Inde et la Chine, mais possède malgré tout une grande variété de paysages et une multiplicité ethnique.
Au sud du pays, on trouve une plaine de faible altitude avec des forêts tropicales qu'on nomme le Teraï. Mais ce qui fait la renommée du Népal et le bonheur des trekkeurs, c'est bien le cœur de l'Himalaya situé dans le nord du pays, avec nombre des sommets les plus hauts du monde qui forment la frontière naturelle avec le Tibet.
Pour donner une idée de la fréquentation, en 2025 le Népal a accueilli 1 158 459 visiteurs étrangers, dont environ 15 % venus pour le trek ou l’alpinisme (ministère du tourisme népalais). Le reste se partage entre vacances et loisirs (60 %), pèlerinage (15 %) et autres motifs, avec un poids important des nations voisines, l'Inde et la Chine représentant à elles seules plus d'un tiers des arrivées.
Le plus simple et le plus courant pour les étrangers est d'arriver en avion dans le principal aéroport international du pays, à savoir l'aéroport de Tribhuvan (KTM) de la capitale Katmandou. Plus de 90 % des trekkeurs, soit la grande majorité, partent dans les régions des Annapurnas et du Khumbu (Everest).
Pourquoi ? Parce que ce sont les plus accessibles et qu'elles disposent des infrastructures attendues par la plupart des trekkeurs avec en premier lieu, de solides réseaux de teahouses.
BQuelques chiffres de fréquentation
En se basant sur le rapport statistique 2025 du ministère népalais de la Culture, du Tourisme et de l'Aviation civile (disponible ici), on peut trouver des informations sur la fréquentation des diverses régions de trek népalaises.
Ces données sont intéressantes, tant pour comprendre la dynamique du trekking au Népal que pour planifier et choisir les dates de son prochain trek.
Un constat s'impose : les Annapurnas concentrent la très grosse majorité des visites, suivies du Khumbu. Le Manaslu et Langtang suivent très loin derrière, autour de 10 000 entrées chacun, et les sept autres régions de trek du pays ne totalisent pas 6 000 entrées à elles toutes.
Le Népal exige un permis pour entrer dans ses aires protégées ou dites restreintes. Ces permis sont contrôlés à des postes placés à l'entrée des sentiers, ce qui permet aussi de mesurer la fréquentation en plus d'apporter un petit revenu aux institutions locales.
Point important pour l'interprétation : un même trekkeur peut avoir besoin de plusieurs permis, et il est alors compté plusieurs fois.
Par exemple dans les Annapurnas, le permis ACAP vaut pour une seule entrée : deux treks dans la région, c'est deux permis ACAP. Pour le tour du Manaslu, on traverse la zone réglementée du Manaslu puis on termine dans l'aire des Annapurnas : il faut donc au moins deux permis.
Pour la liste complète, il suffit de jeter un œil aux guides :
▶ DifficileCircuit du Manaslu
Népal
Une boucle autour du huitième sommet du monde, franchissant le Larkya La à 5 150 m à travers des vallées isolées et peu fréquentées, à la culture bouddhiste d'influence tibétaine. De la forêt humide aux paysages alpins au pied du Manaslu, le climat change tout au long de l'itinéraire.
On peut voir que le trek au Népal vit principalement sur deux saisons, au printemps et en automne.
Les Annapurnas font exception. La fréquentation y reste soutenue toute l'année, avec plus de 24 000 entrées en juin, en pleine mousson, et 30 000 en décembre. Beaucoup de visiteurs y font probablement de petits treks en restant proches de Pokhara, car en altitude, ces mois-là sont peu praticables.
CFocus sur les deux régions principales
C.1Les Annapurnas
Les Annapurnas doivent d’abord leur place à leur accessibilité. Pokhara, la grande ville du centre du pays, sert de base à tous les itinéraires du massif et on peut rejoindre de nombreux départs de trek en moins d'une demi-journée de route.
Partout, les villages offrent le réseau de teahouses le plus dense du Népal, ce qui dispense de porter tente et réchaud et malgré une loi fédérale sur le sujet, il est encore toléré de partir sur les chemins sans guide (mais cela ne dispense pas de se procurer les permis nécessaires comme l'ACAP).
Quatre grands itinéraires structurent l’offre du massif :
- Poon Hill est la boucle courte de référence, à faire en 4 à 5 jours, avec un lever de soleil face aux Annapurnas et au Dhaulagiri
- Mardi Himal est un itinéraire de crête plus sauvage, qui monte au plus près du majestueux Machapuchare
- Le Sanctuaire des Annapurnas (ABC) remonte une gorge jusqu’à un cirque glaciaire cerné de sommets
- Enfin, le Tour des Annapurnas est la grande traversée du massif par le col du Thorong La (5 416 m)
Mais cette popularité a un prix : en haute saison, les sentiers et les lodges sont très fréquentés et sans réservation, il peut être compliqué de trouver une chambre dans certaines étapes. Le développement économique a aussi permis de construire des routes de plus en plus haut dans les vallées. En conséquence, l'itinéraire classique du Tour des Annapurnas est maintenant souvent raccourci à sa portion sans route et avec des variantes, comme proposé dans notre guide :
▶ DifficileTour des Annapurnas
Annapurna · Népal
Un grand classique de l’Himalaya, traversant le massif des Annapurnas par le Thorong La à 5 416 m. De la vallée boisée de la Marsyangdi aux hauts plateaux de Manang puis aux paysages arides du Mustang, cette version conserve le cœur montagneux du circuit historique, aujourd’hui raccourci aux extrémités par l’avancée des routes.
▶ ModéréTrek du Mardi Himal
Annapurna · Népal
Un trek très accessible au cœur de l’Annapurna, offrant en quelques jours des panoramas spectaculaires sur le Machhapuchhre et les grands sommets du massif. L’itinéraire traverse forêts de rhododendrons, alpages et crêtes d’altitude jusqu’à un superbe point de vue, sans nécessiter une longue expédition ni de passage technique.
C.2Le Khumbu (Everest)
Le Khumbu, lui, se mérite davantage. La région, qui s’étend au pied de l’Everest dans le parc national de Sagarmatha, est plus isolée de Katmandou et l'accès routier est très difficile. La plupart des trekkeurs y arrivent donc par avion, en atterrissant sur la piste en pente de Lukla (2 860 m), réputée pour être l’une des plus spectaculaires du monde. En haute saison, ces vols partent souvent de Ramechhap, à plusieurs heures de route de la capitale, et ils dépendent entièrement de la météo : quelques jours de retard sont fréquents, et il est prudent de prévoir une marge dans son programme.
Mais une fois sur place, le confort n'a rien à envier aux Annapurnas. Les villages sherpas, de Namche Bazar à Gorak Shep, sont équipés de teahouses jusqu'à plus de 5 000 m, ce qui permet là aussi de marcher sans tente ni réchaud. La municipalité locale a par ailleurs choisi de ne pas imposer l'obligation de guide décidée au niveau fédéral, et le trek en autonomie y reste donc possible officiellement.
Trois grands itinéraires dans la région :
- Le camp de base de l'Everest (EBC) est le grand classique, en une douzaine de jours aller-retour depuis Lukla, avec en point d'orgue l'ascension du Kala Patthar (5 644 m) et sa vue directe sur l'Everest
- Les lacs de Gokyo remontent une vallée parallèle, plus calme, jusqu'à un chapelet de lacs turquoise au bord du glacier de Ngozumpa, dominé par le Gokyo Ri (5 357 m)
- Le trek des Trois Cols relie toutes les vallées du Khumbu en franchissant le Kongma La, le Cho La et le Renjo La, tous au-dessus de 5 300 m : c'est la traversée la plus complète et la plus exigeante
Cependant, contrairement aux Annapurnas, on arrive très rapidement en haute altitude : dès Namche Bazar (3 440 m), on dort plus haut que la plupart des sommets alpins. Il faudra donc bien respecter les jours d'acclimatation pour éviter le mal aigu des montagnes. La fréquentation reste assez élevée mais la région offre un spectacle unique dominé par l'Everest et imprégné de la culture sherpa, du nom de ce peuple d’origine tibétaine installé dans la région depuis des siècles.



